L'éternelle berceuse

P. Dupin

Laissez flotter votre pensée

Loin de rieurs et de jaloux,

Dans un songe d'amour plus doux

Le cœur ému, l'âme apaisée,

O grand enfant,

sur mes genoux,

Tout en rêvant,

endormez-vous.

Quelle tristesse grave ou folle,

A mis ces larmes dans vos yeux?

Ouvrez votre cœur soucieux

La femme devine et console.

O grand enfant,

sur mes genoux,

Tout en pleurant,

endormez-vous.

Toujours épris d'une chimère,

Désireux de ce qu'on défend

Dans l'homme survit un enfant,

En toute femme est une mère;

Et les enfants

sur ses genoux,

Petits ou grands,

s'endorment tous.