Élégie
P. Gaubert
Il me semble, ô mon cœur, entendre de plus près
Tes battements moroses
En ce calme jardin où se dresse un cyprès
Sombre parmi les roses;
Venise tout entière et son tiède silence
Ecoutent mon chagrin
Dont le mal renaissant avive sa souffrance
Au sel de l'air marin;
Mais le ciel est si pur et le cyprès si beau
Et ces fleurs sont si belles
Que, presque en souriant, j'accepte le sursaut
De ma peine, près d'elles;
Et, tandis que le soir descend de rose en rose
Sur ce jardin charmant,
Je sens saigner mon cœur solitaire et morose,
Délicieusement...