Le Fils du Titien

P. Péron

Lorsque j'ai lu Pétrarque, étant encore enfant,

J'ai souhaité d'avoir quelque gloire en partage.

Il aimait en poète et chantait en amant;

De la langue des dieux lui seul sut faire usage.

Lui seul eut le secret de saisir au passage

Les battements du coeur qui durent un moment;

Et, riche d'un sourire, il en gravait l'image

Du bout d'un stylet d'or sur un pur diamant.

O vous qui m'adressez une parole amie,

Qui l'écriviez hier, et l'oublierez demain,

Souvenez-vous de moi qui vous en remercie.

J'ai le coeur de Pétrarque, et n'ai point son génie;

Je ne puis ici-bas que donner en chemin

Ma main à qui m'appelle, à qui m'aime ma vie.