Havanaise

Paladilhe

Au milieu des platanes

Aux larges frontons,

Où la fleur des lianes

Suspend ses festons;

Mon hamac se balance,

Berçant mollement

Ma rêveuse indolence,

Au souffle du vent,

Dans un demi sommeil

À l'abri du soleil

Je m'enivre aux parfums

du tulipier vermeil,

Dans les nuages bleus

Si je plonge les yeux

En un songe enchanteur

Je vois s'ouvrir les cieux!

Libre et sans souci

Vivre ainsi

En rêvant le long du jour

Rire des serments

Des galants

Et de leurs soupirs d'amour

Se laisser aimer

Et charmer

Sans jamais donner son coeur,

N'est-ce pas, ma foi,

Dites-moi,

Le secret du bonheur?

Au milieu des platanes

Aux larges frontons,

Où la fleur des lianes

Suspend ses festons;

Mon hamac se balance,

Berçant mollement

Ma rêveuse indolence,

Au souffle du vent,

Dans un demi sommeil

À l'abri du soleil

Je m'enivre aux parfums

du tulipier vermeil,

Dans les nuages bleus

Si je plonge les yeux

En un songe enchanteur

Je vois s'ouvrir les cieux!

Quand l'étoile luit

Dans la nuit

S'accouder sur son balcon,

Écouter les voeux

D'un amoureux

Qui murmure sa chanson.

Le laisser pleurer

Et soupirer

En riant de son ardeur,

N'est-ce pas, ma fois,

Dites-moi,

Le secret du bonheur?

Au milieu des platanes

Aux larges frontons,

Où la fleur des lianes

Suspend ses festons;

Mon hamac se balance,

Berçant mollement

Ma rêveuse indolence,

Au souffle du vent,

Dans un demi sommeil

À l'abri du soleil

Je m'enivre aux parfums

du tulipier vermeil,

Dans les nuages bleus

Si je plonge les yeux

En un songe enchanteur

Je vois s'ouvrir les cieux!