Prélude
Poulenc, Francis
Une forêt surgit des flots
Et ces flots sont les nuits passées,
Flots d'avenir, forêts berceaux,
Les ombres sont mes fiancées.
Chantez, chantez le chœur de mes pensées
Dans la forêt de venirs
Aubes d'hiver, mes fiancées,
Mes lauriers n'ont plus qu'à fleurir.
Demain, demain, j'irai ceuillir
A l'heure où l'ombre est allongée,
L'étoile fleur de mes soupirs
Fleurs à mes lèvres enneigées.
Et toutes les froideurs vengées,
Auront de mon bras la chaleur.
Et toutes mes amours songées
Auront de mon front la pâleur.
Et je verrai l'astre des pleurs
S'éteindre aux branches enlacées
De ce vert laurier dont la fleur
Brille aux lèvres des fiancées.