Le premier jour où je vous vis
R. Baton
Le premier jour où je vous vis,
C'était à la saison dernière,
Vous portiez la grande bannière
Au pardon de Saint Gonéri.
Un vieux cantique monotone
Montait des rangs des pèlerins...
Sur vos lèvres, quel charme fin,
Prenaient les syllabes bretonnes!
Votre coiffe aux ailes de lin
Semblait un goëland dans la brise...
Les Sept Iles, sur la mer grise,
S'évanouissaient au lointain...
A la fois hiératique et svelte,
Vous êtes passée en chantant.
Et depuis je rêve en tout temps
Au bleu pâle de vos yeux celtes...