Nuit d'autrefois
R. Baton
Te la rappelles-tu, cette nuit parfumée,
L'inoubliable nuit où je t'ai tant aimée,
Où le silence était en nous, autour de nous,
Mystérieusement, ineffablement doux,
Profond comme il n'est pas de musique profonde?
Le rêve fait par nous était si loin du monde!
Le jardin clair s'ouvrait comme un parc enchanté;
Sous l'orbe jaune et chaud de la lune d'été,
Parmi les grands lys blancs, les touffes d'azalées,
Lentement nous suivions la courbe des allées
Et nous taisions, et seuls nos cœurs se répondaient,
Et, mourants, dans la nuit immense se fondaient!...