Voyages sans fin

R. Boutry

Tous ceux qui vus de dos s'éloignaient en chantant

Qu'on avait vus passer le long de la rivière

Où même les roseaux redisaient leurs prières

Que reprenaient plus fort et plus loin les oiseaux

Ils viennent les premiers et ne s'en iront pas

Le chemin qu'ils ont fait se comptait pas à pas

Et disparaissait à mesure

Ils marchaient sur la pierre dure

Au bord des champs ils se sont arrêtés

Au bord de l'eau ils se désaltéraient

Leurs pieds soulevaient la poussière

Et c'était un manteau brodé par la lumière

Tous ceux qui s'en allaient

marchant dans ce désert

Et pour qui maintenant le ciel s'était ouvert

Cherchaient encore le bout où finirait le monde

Le vent qui les poussait continuait sa ronde

Et la porte se refermait

Une porte noire

La nuit