Les deux nuages

R. de Boisdeffre

Regarde dans l'azur limpide cette nue

Qui glisse au souffle ami des brises d'Orient;

Les tranquilles rayons du matin souriant

L'argentent du reflet de leur grâce ingénue.

Autour d'elle, tout n'est qu'ardeur et pureté,

Splendeur qui réjouit et chaleur qui caresse;

En elle tout est joie, espérance, beauté;

D'un heureux avenir tout lui fait la promesse...

Elle ressemble à ta jeunesse!

* * *

Regarde, solitaire et brumeux, ce nuage

Que pousse au ciel la bise inclémente du Nord;

Sombre comme la nuit, triste comme la mort,

Il porte en lui l'horreur d'un éternel orage.

Oh! s'efforcer toujours et ne jamais pouvoir!

II voit de loin, là-bas, flotter la blanche nue,

Sans que jamais entre eux l'espace diminue.

Autour de lui tout brille: il reste seul et noir...

Il ressemble à mon désespoir!