Ha, que la chair ...

R. Lenormand

Ha, que la chair féminine est suave!

Et quelle âpre douceur

Elle sait allumer en notre âme, sa sœur,

Qui la redoute et qu'elle brave.

Que ces contours et que leur forme d'arc,

Ces courbes et ces lèvres,

Nous appellent de loin, et quelles fleurs, ces parcs

Entr' ouvrent à nos fièvres.

C'est la séduction du désir se levant

Comme un soleil de rêve,

L'horizon du bonheur, et même décevant

Cet éternel frisson de la volupté brève

Qui fait qu'on veut mourir, et qu'on meurt en vivant.