Chanson romanesque

Ravel, Maurice

Si vous me disiez que la terre

À tant tourner vous offensa,

Je lui dépêcherais Pança:

Vous la verriez fixe et se taire.

Si vous me disiez que l'ennui

Vous vient du ciel trop fleuri d'astres,

Déchirant les divins cadastres,

Je faucherais d'un coup la nuit.

Si vous me disiez que l'espace

Ainsi vidé ne vous plaît point,

Chevalier dieu, la lance au poing.

J'étoilerais le vent qui passe.

Mais si vous disiez que mon sang

Est plus à moi qu'à vous, ma Dame,

Je blêmirais dessous le blâme

Et je mourrais, vous bénissant.

Ô Dulcinée.