L'Indifférent

Ravel, Maurice

Tes yeux sont doux comme ceux d'une fille,

Jeune étranger,

Et la courbe fine

De ton beau visage de duvet ombragé

Est plus séduisante encor de ligne.

Ta lèvre chante sur le pas de ma porte

Une langue inconnue et charmante

Comme une musique fausse.

Entre! Et que mon vin te réconforte...

Mais non, tu passes

Et de mon seuil je te vois t'éloigner

Me faisant un dernier geste avec grâce

Et la hanche légèrement ployée

Par ta démarche féminine et lasse...