L'ange déchu

T. Terestchenko

De l'Éternel on chante les louanges,

Et cependant, ange au front soucieux,

Seul j'ai quitté les célestes phalanges;

Car ma pensée, hélas! est loin des cieux.

Et maintenant exilé volontaire,

Qui deviendra mon guide et mon soutien?

J'aime d'amour un enfant de la terre,

Dont le Seigneur m'avait fait le gardien,

Dont le Seigneur m'avait fait le gardien.

Tiens, Roi des rois, voilà mes blanches ailes,

Pour qu'un seul jour, je puisse, en liberté,

Mirer mes yeux dans ses noires prunelles,

Reprends, reprends mon immortalité;

Car tout m'attriste au séjour du tonnerre,

Ivre d'amour, je n'espère plus rien,

Rien que le cœur de l'enfant de la terre

Dont ta bonté m'avait fait le gardien,

Non, rien que le cœur de l'enfant de la terre,

Dont ta bonté m'avait fait le gardien,

Dont ta bonté m'avait fait le gardien.

Je pars, hélas! déception profonde,

On me dédaigne et mes vœux, mes soupirs

N'ont pas sauvé de l'océan du monde

Quelques débris des plus doux souvenirs.

Pâle et tremblant devant ce front sévère,

Je perds l'espoir, ici-bas mon seul bien...

Elle me hait cette enfant de la terre

Dont le Seigneur m'avait fait le gardien,

Dont le Seigneur m'avait fait le gardien.