Naguère
X. Leroux
Naguère, au temps des églantines,
J'avais des peines enfantines.
Mon cœur se gonflait sans raison
Sous les lilas en floraison.
À respirer les chauds calices
Je goûtais d'amères délices;
Sous les étoiles, pâle et coi,
Je pleurais sans savoir pourquoi.
Et maintenant, je pleure encore
Le long des soirs, comme à l'aurore;
En hiver, sur le banc grésil,
Sur les roses pendant l'avril,
Mes larmes tombent à toute heure:
Mais je sais bien pourquoi je pleure!