Là-bas, au large !

A. Chapuis

Mon Âme, quel ennui de demeurer tranquille!

Je suis las d'admirer un même océan bleu;

Si nous tentions d'atteindre aux plages de quelque île

Là-bas, au large, afin de voyager un peu?

N'es-tu pas une voile blanche de navire,

Ô mon Âme? Il se lève enfin un bon espoir!

Et son souffle pourrait peut-être nous suffire

Pour parvenir au port avant la peur du soir.

Le calme, dont le doux bercement nous invite

À rester, est trompeur comme l'eau de la mer,

Et, si tu veux partir, ô mon Âme, profite

Du léger vent qui nous présage un ciel moins clair.

Vers d'autres horizons, vers ces îles lointaines

Dont la verdure émerge aux limites des deux,

Sur l'avenir et ses promesses incertaines

Mettons le cap, mon Âme, avec des cris joyeux!