Stances
A. Flégier
Quelquefois en levant les yeux
J'aperçois au ciel une étoile,
Qui semble pudique et qui voile
Ses rayons plus mystérieux.
J'éprouve souvent un tel charme
Devant son humide clarté,
Qu'il m'en vient alors une larme
De tristess et de volupté.
Ma belle est douce et caressante
Comme cette étoile, sa sœur;
Elle a l'âme compatissante,
Et je l'aime pour sa douceur.
Comme l'abeille aime la fleur,
L'exilé sa mère patrie,
Le poëte sa rêverie
Et le malheureux sa douleur.
Comme un cerf aime la rivière,
Où sa soif se peut apaiser,
Comme la mousse aime la pierre
Et la lèvre aime le baiser.
J'aime ma divine maîtresse,
Gaie ou songeuse tour à tour,
Je l'aime pour ma folle ivresse
Et je l'aime pour son amour.