Les nuages
A. Rostand
S'il est vrai que les morts vont vite,
D'où viennent-ils, où s'en vont-ils,
Ces souffles errants et subtils
Qu'une âme vagabonde habite?
Oh! si vous vivez sans remords,
Votre douleur fut éphémère,
Vous qui laissez errer vos morts
Ainsi que des enfants sans mère!
— Les miens! — j'ai su les retenir
Dans mon cœur, jalouse demeure
Où chaque matin je les pleure
Pour les empêcher de partir.