Jeune et vieux

Thomas, Ambroise

Hélas! tu montes dans la vie,

Et je descends le front penche:

Tu planes légère et ravie,

Et je suis las d'avoir marché

Au beau ciel de ton innocence

Te rit encor tant d'avenir!

Je suis si pauvre en espèrance!

Je suis si riche en souvenir!

Incline-toi, douce colombe,

Vers un cœur s'ouvrant pour aimer

Moi je m'incline vers la tombe,

Moi je sens mes yeux se fermer.

Devant la blancheur de l'aurore

Doit s'éclipser la sombre nuit:

Mon dernier parfum s'evapore.

Ta jeune âme s'épanouit.