La maison de plaisance

A. Voormolen

Au rivage de quelque eau douce d'Asie

La maison de plaisance du Grand Mogol,

Reflète ses perrons de girasol

Dans les bassins où les cygnes s'extasient.

Des princesses tartares au cœur méchant

Écrasent des roses rouges sur leur bouche,

Et le bruit silencieux de leurs babouches

Fait se tromper les perruches dans leur chant.

Des Jésuites envoyés du Roi de France,

Sans descendre de leur riche palanquin,

Discutent entre eux sur Saint Thomas d'Aquin

En échangeant de courtoises révérences

Avec un très vieux magot ventripotent

Qui agite sans parler ses mains ridées

Et qui porte une tunique où sont brodées

Les guerres du Roi de Chine et du Sultan.