Peau d'âne

A. Voormolen

J'ai pris derrière vous le chemin de l'étable

Douce Princesse, gardeuse de porcelets.

L'empreinte fraîche de vos pieds nus sur le sable

Marquait au carrefour la route qu'il fallait.

Vos pas qui se mêlaient avec ceux de la trule

Marquaient au carrefour la route fabuleuse;

Elle s'en allait monotone sous la pluie,

Elle n'avait pas l'air d'être la route heureuse;

Pourtant elle menait à votre chambre étroite.

A la lueur de la misérable veilleuse

Je vous ai regardée à travers la serrure:

Vous aviez rejeté votre manteau de bure

Et devant la psyché où vous vous teniez droite,

Souriant au reflet qui vous était pareil,

Couleur de temps, couleur de lune ou de solell,

Etincelèrent les trois gones merveilleuses;

La porte s'entr'ouvrit pour me donner refuge;

La tierce robe s'écroula pour mon accueil

Et ce fut à mes yeux éblouis sur le scull

L'enchantement de votre corps sans subterfuge.