Monologue

Berlioz, Hector

Didon parcourt la scène en s'arrachant les cheveux,

se frappant la poitrine et poussant des cris inarticulés.

DIDON

Elle s'arrête brusquement.

Ah! Ah!

Je vais mourir...

Dans ma douleur immense submergée

Et mourir non vengée!...

Mourons pourtant! oui, puisse-t-il frémir

A la lueur lointaine de la flamme de mon bûcher!

S'il reste dans son âme quelque chose d'humain,

Peut-être il pleurera sur mon affreux destin.

Lui, me pleurer!...

Énée!... Énée!...

Oh! mon âme te suit,

A son amour enchaînée,

Esclave, elle l'emporte en l'éternelle nuit...

Vénus! rends-moi ton fils!... Inutile prière

D'un cœur qui se déchire!... A la mort tout entière

Didon n'attend plus rien que de la mort.