La neige

C. Koechlin

Il tombe des fleurs de pêcher du ciel gris

Comme d'une immense corbeille enchantée,

C'est la neige et, surpris, le vieux marchand

Empaqueté de sa riche robe de prix

Rentre vite en la maison de thé.

Mais toi, ô jolie petite aimée,

Tu resteras dans ta maison close,

À polir l'émail fin de tes dents

Ou le bout de tes ongles roses,

Et vers l'heure accoutumée,

Tu ne viendras pas au marché,

Tentant où je puis à loisir t'admirer

Pendant que tu choisis les sachets

Et les parfums ambrés au gré de ta fantaisie...