Nocturne
C. Pedrell
Tout dort d'un songe appesanti,
Coi de ténèbre et de silence:
On n'entend que le clapotis
De la fontaine de faïence.
Une palme au ciel se balance…
Dans la ruelle sans passants
Rien qu'une chatte ébouriffée,
Prompte rôdeuse au pas glissant;
Une faible brise étouffée
Porte des parfums par bouffées.
Une rose éclose en secret
A la fenêtre mal fermée
Contre le grillage apparaît
Dont la corolle parfumée
Luit comme une lampe allumée.
Je me hausse pour la saisir
Et déjà mes deux lèvres pressent
L'ardente fleur que mon désir
Force à s'ouvrir sous sa caresse.
Soledad? Pilar? Laquelle est-ce?