J'ai répondu: Seigneur, vous avez dit mon âme

C. Tournemire

J'ai répondu: Seigneur, vous avez dit mon âme.

C'est vrai que je vous cherche et ne vous trouve pas

Mais vous aimer! Voyez comme je suis en bas,

Vous dont l'amour toujours monte comme la flamme.

Vous, la source de paix que tout soif réclame,

Hélas! voyez un peu tous mes tristes combats!

Oserai-je adorer la trace de vox pas,

Sur ces genoux saignants d'un rampement infâme?

Et pourtant je vous cherche en longs tâtonnements

Je voudrais que votre ombre au moins vêtit ma honte,

Mais vous n'avez pas d'ombre, ô vous dont l'amour monte,

Ô vous, fontaine calme amère aux seuls amants

De leur damnation, ô vous toute lumière

Sauf aux yeux dont un lourd baiser tient la paupière.