Près d'un étang
C. Widor
Près d'un étang presque sans eau
Que colore un ciel d'améthyste,
Aux soirs d'été chante un oiseau,
Un seul oiseau discret et triste.
Ce que cet oiseau chante là,
C'est la fuite de la journée,
Qui s'en va comme s'en ira
Le mois d'abord et puis l'année,
Et la jeunesse avec sa fleur,
Pâle jeunesse consumée
Dans l'attente et dans la langueur,
Loin des yeux de la bien aimée.