Ophélia

D. Ugalde

Il est, dans la prairie, un saule qui se penche

Sur le bord d'un ruisseau... C'est là qu'en poursuivant

Ses douces visions elle venait souvent

En guirlande tresser l'ortie et la pervenche.

Et son âme chantait, quand se rompit la branche,

Quand l'onde qui berçait son espoir décevant

L'entraina dans ses bras, laissant au gré du vent

Parmi les nénuphars, flotter sa robe blanche

Elle est morte en cueillant des rèves des fleurs...

Oh! dira combien a fait verser de pleurs

Ton trépas idéal, blonde, et pâle Ophélie!

Hélas! le cœur humain n'est qu'un jouet du sort!

Qui cherche un peu d'amour ne trouve que folie

Qui cherche le bonheur ne trouve que la mort!...