Zuleïka

D. Ugalde

Sous les myrtes ombreux que berce le zéphyr,

Je te revois souvent ainsi dans ma pensée,

O fille d'Abydos, à la taille élancée,

Aux grands yeux innocents plus bleus que le saphir.

Quelle rose d'Hellé, quelle perle d'Ophir,

Par ton front virginal ne serait éclipsée?

Et pour toi, quel amant, ô douce fiancée,

Ne braverait le fer du sombre Giaffir?

S'enivrant des parfums de ton cœur qui s'éveille,

Sélim le bien-aimé murmure à ton oreille

L'histoire de Mejnoun et les chants de Sâdi;

Et ton âme l'écoute, oubliant que le rêve

Au soleil commencé dans le tombeau s'achève,

Et que la fleur d'Amour succombe avant midi!