Chant pastoral
Debussy, Claude
Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan,
dieu du vent d'été.
Je garde mon troupeau et Sélénis le sien, à
l'ombre ronde d'un olivier qui tremble.
Sélénis est couchée sur le pré.
Elle se lève et court, ou cherche des cigales, ou
cueille des fleurs avec des herbes, ou lave son
visage dans l'eau fraîche du ruisseau.
Moi, j'arrache la laine au dos blond des
moutons pour en garnir ma quenouille, et je
file. Les heures sont lentes.
Un aigle passe dans le ciel.
L'ombre tourne, changeons de place la
corbeille de figues et la jarre de lait.
Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan,
dieu du vent d'été.