La chambre magique
Debussy, Claude
LA VOIX DE LA VIERGE ERIGONE
Je fauchais l'Épi de froment,
Oublieuse de l'asphodèle
Mon âme, sous le ciel clément,
Était la sœur de l'hirondelle;
Mon ombre m'était presque une aile
Que je traînais dans la moisson.
Et j'étais la Vierge, fidèle
A mon ombre et à ma chanson.
VOIX CÉLESTES
Qui pleure mon enfant si doux,
Mon Lys fleuri dans la chair pure?
Il est tout clair sur mes genoux,
Il est sans tache et sans blessure.
Voyez! Et dans ma chevelure
Tous les astres louent sa clarté!
Il éclaire de sa figure
Ma tristesse et la nuit d'été.