Le Pêcheur
E. Lassen
Quand vient la nuit, au doux mystère,
La nuit propice aux matelots,
Je pars gaîment, je fuis la terre
Plus orageuse que les flots.
Dans le ciel et dans l'onde même
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours;
Je gouverne, je chante et j'aime
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.
Je me fie à l'eau lente et vive;
A terre je laisse les pleurs;
Le buisson, que retient la rive,
Jette sur moi toutes ses fleurs.
Dans le ciel et dans l'onde même
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours;
Je gouverne, je chante et j'aime
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.
Sur toi ma voile étend sa voûte;
Belle, aucun pas ne nous poursuit;
Et si, là-bas, on nous écoute,
De ma rame on entend le bruit.
Dans le ciel et dans l'onde même
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours;
Je gouverne, je chante et j'aime
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.