La nymphe que j'aimois tant
G. Alary
J'ai couru tous ces bocages,
Ces prés, ces monts, ces rivages;
Mais je n'ai trouvé pourtant
Celle que j'ai poursuivie:
Hélas! qui me l'a ravie,
La Nymphe, que j'aimois tant?
Pastourelles joliettes,
Qui de vos voix déliettes,
Vos ardeurs allez chantant,
Selon q'amour vous convie,
Dites, qui me l'a ravie,
La Nymphe que j'aimois tant?
Ah! c'en est fait, c'est fait d'elle:
Un Dieu, la voyant si belle,
Parmi ces bois l'écartant,
Epris d'amoureuse envie,
Au Ciel me l'aura ravie,
La Nymphe que j'aimois tant.
Adieu, forêts désolés;
Adieu, monts, adieu, vallées;
Adieu, je vous vais quittant:
Puis-je plus rester en vie,
Puisque l'on me l'a ravie,
La Nymphe que j'aimois tant?