Le mendiant
G. de Seynes
Il va tout seul, indolemment,
Le mendiant, sur la grand' route,
En proie à l'éternel tourment
Qu'il dit à tous, que nul n'écoute.
Ses cheveux, qui sont longs et blancs,
Auréolent son blanc visage,
Il va sous les regards tremblants
De l'enfant qui ne fut passage.
Que pense-t-il? Nul n'en sait rien.
Sait-il aimer? sait-il sourire?
Est-il français? Est-il chrétien?
Il va tout seul, sans rien en dire!
En proie à l'éternel tourment
Qu'il dit à tous, que nul n'écoute,
Il va tout seul, indolemment,
Le mendiant, sur la grand' route.