Les caresses

G. Dupont

Tes paroles ont des musiques cristallines.

Rien qu'à les écouter, que de fois j'ai joui!

Je pâme, les yeux clos, et presque évanoui,

Quand, pour me parler bas, dans le cou, tu t'inclines.

Ce n'est pas de ton souffle embaumant les pralines

Que je me grise alors; c'est du ton inouï

Que tu mets dans un mot quelconque, un simple oui.

Ta bouche a des façons de prononcer câlines.

Voilà ce qui me fait tous les sens engourdis.

Je t'écoute, mais sans savoir ce que tu dis,

Comme si tu parlais une langue inconnue;

Je me laisse couler dans l'extase; et je sens

Une invisible main passer sur ma peau nue,

Car tes paroles même ont des doigts caressants.