Pieusement

G. Dupont

La nuit d'hiver élève au ciel son pur calice.

Et je lève mon coeur aussi, mon coeur nocturne,

Seigneur, mon cœur! vers ton pâle infini vide,

Et néanmoins je sais que tout est taciturne

Et qu'il n'existe rien dont ce coeur meurt, avide;

Et je te sais mensonge et mes lèvres te prient

Et mes genoux; je sais et tes grandes mains closes

Et tes grands yeux fermés aux désespoirs qui crient,

Et que c'est moi, qui seul, me rêve dans les choses;

Sois de pitié, Seigneur, pour ma toute démence.

J'ai besoin de pleurer mon mal vers ton silence!...

La nuit d'hiver élève au ciel son pur calice!