Des œillets japonais

G. Grovlez

Des œillets japonais coule un parfum tremblant

Qui touche dans mon coeur l'endroit délicieux

Où rêve un songe étroit comme un bonheur d'enfant.

C'est le mois des œillets et c'est le mois des roses,

Des grands roses douces vermeilles dans l'air bleu,

Mais noires dans cette ombre où, cueillies, je les pose.

Les œillets blancs et verts et les roses d'été

Tombent sous la faucille d'un songe du passé...

Mon cœur meurt là-dessous d'angoisses étouffé.

Chaque rose trépasse et choit, endolorie,

Et, dans l'odeur des tiges qui se couchent meurtries,

Monte un regret pleurant comme un jet d'eau qui plie.