Sérénade

G. Grovlez

Quelque chose comme une viole

Grince et gémit tout à l'entour

De ma pauvre cervelle folle,

Folle des musiques d'amour

Que rien au monde ne console...

Celles qu'on pleure en les chantant,

Celles dont on ne sait plus l'air

N'ayant retenu que l'accent

D'un seul mot long comme un hiver

E maladroit comme un enfant.

Les musiques du souvenir,

Les musettes qui se souviennent!

Ah! sangloter jusqu'à mourir

Pour ces chansons bohémiennes,

Ah! sansgloter de souvenir!

Quelque chose comme un coup droit

Dans le coeur chaste et taciturne

Qui suivait humblement sa voie

Laborieux et sans rancune,

Quelque chose de maladroit!...

Quelque chose qui brûle et chante...

C'est une musette d'amour,

C'est une viole pleurante

Autour de mon âme, toujours,

De mon âme qui vient d'Irlande!...

Qu'elle chante jusqu'à mourir,

Qu'elle commence et recommence,

Ah! pitié, c'est une romance

Dont je voulais me souvenir...

Me souvenir, et puis... silence!