La fille du Roi de Chine

G. Hüe

Je suis fou de la fille du roi de Chine

Comme le beau Camaralzaman;

Je suis fou de la fille du roi de Chine

Et dans mon rêve ensorceleur, je m'imagine

Être son prince charmant.

Je m'imagine être ce prince de rêve

Et je voudrais écrire comme Li-Taï-Pé

Des vers berceurs sur la fleur de ses lèvres

Et sur le croissant de ses sourcils coupés

Que l'art du pinceau savant achève.

Pourtant, je sais bien que ses yeux irisés

Ne me souriront pas sans doute,

Que ses lèvre ne s'ouvriront pas au baiser

Pour l'amoureux qui passe sur la route

Sans bouton de cristal à briser.

Mais malgré tout, mon rêve jamais ne se repose

De suivre le sillage de sa jupe close;

Et, triste, il se meurtrit de jouer sans cesse

Autour de sa robe odorante de princesse,

Comme un papillon grisé près d'une rose.