Rien d'elle ici n'est plus, rien !

G. Hüe

Rien d'elle ici n'est plus, rien! Même la pensée

Que la roche gardait, hélas! est effacée.

Il n'en reste qu'un mot, celui qui finissait

La phrase où sa douleur d'amour se trahissait.

Morte est le mot cruel demeuré seul écrit

Comme un arrêt fatal. Et ce lys qui fleurit

Où tombèrent ses pleurs, vient confirmer ma crainte!

Mon ciel redevient noir, son étoile est éteinte.

Adieu, adieu, toi que j'aimai

Sans oser, hélas! te le dire,

Mon cœur s'est abimé

Pour toi dans l'éternel martyre.

J'avais respecté ta douleur,

Et je t'aimais sans jalousie,

Comme un frelon aime la fleur

Pour son parfum, sa poésie.

En revenant là chaque jour,

Heureux d'y revivre mon rêve,

J'espérais en vain le retour

De cette heure qui fut si brève!

Un an depuis s'est écoulé;

Seule, une fleur marque la place

D'où mon bonheur s'est envolé

Pour toujours à travers l'espace.

Elle n'a jamais su

Que je l'avais suivie,

Et ne m'a jamais vu.

Seul je connus sa vie!