Le bosquet de vertumne

G. Hüe

Le bosquet de Vertumne est délaissé des Grâces.

Cette ombre, qui, de marbre en marbre gémissant,

Se traîne et se retient d'un beau bras languissant,

Hélas, c'est le Génie en deuil des vieilles races.

Ô Palais, horizon suprême des terrasses,

Un peu de vos beautés coule dans notre sang;

Et c'est ce qui vous donne un indicible accent,

Quand un couchant sublime illumine vos glaces!

Gloires dont tant de jours vous fûtes le décor,

Ames étincelant sous les lustres. Soirs d'or.

Versailles... Mais déjà s'amasse la nuit sombre.

Et mon coeur tout à coup se serre, car j'entends,

Comme un bélier sinistre aux murailles du temps,

Toujours, le grand bruit sourd de ces flots noirs dans l'ombre.