Prestiges enfuis
G. Hüe
Mes pas ont suscité les prestiges enfuis.
Ô psyché de vieux saxe où le Passé se mire...
C'est ici que la reine, en écoutant Zémire,
Rêveuse, s'éventait dans la tiédeur des nuits.
Ô visions: paniers, poudre et mouches; et puis,
Léger comme un parfum, joli comme un sourire,
C'est cet air vieille France ici que tout respire;
Et toujours cette odeur pénétrante des buis...
Mais ce qui prend mon coeur d'une étreinte infinie,
Aux rayons d'un long soir durant son agonie,
C'est ce Grand-Trianon solitaire et royal,
Et son perron désert où l'automne, si douce,
Laisse pendre, en rêvant, sa chevelure rousse
Sur l'eau divinement triste du grand canal.