Ma philosophie

Spontini, Gaspare

Mon dieu, qu'on passe heureusement sa vie

À ne rien faire, à bien aimer sa mie:

Voilà le vrai bien, tout le reste n'est rien.

En vain je vois, enfant de la victoire,

Ton front paré de ses plus beaux lauriers.

Trop de labeur accompagne la gloire,

Le doux repos fuit trop loin des guerriers.

Je t'admire et m'écrie:

Mon dieu, qu'on passe

etc.

Souci du monde et de la renommée

Également par nous est méconnu,

Elle ne veut que d'être bien aimée…

Ce doux vouloir est par moi prévenu.

Je le vois et m'écrie:

Mon dieu, qu'on passe

etc.

Depuis longtemps je n'ai point vu l'aurore,

Près de ma mie, elle me voit toujours;

J'y suis le jour, et la nuit vient encore

Servir de voile à nos tendres amours.

Près d'elle je m'écrie:

Mon dieu, qu'on passe

etc.