Je suis ébauché ce soir

J. Béesau

Je suis ébauché ce soir

Par des mains heureuses

Qui prennent mon cœur

Avec lenteur

Et le front si frêle et si puéril

Que le désir des pleurs

Tremble au bord de mes cils.

Mais il y a tant de silence

Que je n'ose pas pleurer,

Mais il y a tant de somnolence

Que je n'ose pas rêver,

Seigneur! il y a tant de magnificence

Que je n'ose pas exister!

Ô je suis comme une eau dormante,

Ô je suis comme une feuille oubliée

À la brise où l'octobre aux cheveux d'or lamente,

Triste des cygnes et de toute la rosée.