Le jour des morts

J. Béesau

La forêt ainsi qu'une mer

Gronde, roule, allonge ses vagues:

Que terrible est ce vent d'hiver

Avec tous ses hurlements vagues!

Sont-ce des cris de trépassés,

Des tocsins de cloches d'alarmes?

Ce vent fou nous a tout glacés:

Oh! comme il pleut! Sont-ce des larmes?

Aujourd'hui, c'est le Jour des Morts;

Chacune des feuilles qui tombe

Eveille en nos coeurs un remord,

En nous rappelant une tombe.

Il eût fallu les aimer plus,

Ces aimés que trop tard on pleure,

Quand les regrets sont superflus,

Quand on a laissé passer l'heure.

Oh! les survivants, aimons-nous!

Proche est la mort, la vie est brève;

C'est la leçon de ces vents fous:

- Cette pauvre vie est un rêve!