Lyda
J. Bleichmann
Sur le chemin de la moisson
Les belles filles sont venues,
La faucille aux épaules nues
Et sur la bouche une chanson.
— Lyda! Lyda! viens dans la plaine!
Lyda! Lyda! voici le jour:
Plus tard tu fileras la laine;
Mais garde ton cœur de l'amour!
Sur le chemin du bois ombreux
Qu'emplit une fraîcheur charmante,
Un beau cavalier se lamente,
Comme font les cœurs amoureux:
— Lyda! Lyda! fuis ta demeure!
Lyda! Lyda! voici le jour!
Enfant, n'attends pas que je meure,
Pour donner ton cœur à l'amour!
Sur le chemin désert et nu,
Plus de chansons comme naguère!
Les cavaliers sont à la guerre
Et l'hiver morose est venu.
— Lyda! Lyda! file ta laine,
Lyda! Lyda! jusqu'au retour.
À présent tu connais la peine
Que, dans le cœur nous met l'amour!