Mélancolie d'avril

J. Bleichmann

Voici que le soleil d'Avril

Vers les renouveaux nous ramène.

Pourquoi le printemps ne peut-il

Rajeunir aussi l'âme humaine?

Les siècles, comme des hivers,

Ont posé sur ses destinées

Et dépouillé de rameaux verts

Ses espérances surannées.

Devant ses mornes horizons

Se dresse l'angoisse éternelle,

Et le souffle des floraisons

Ne fait rien refleurir en elle.

Survivant au rêve défunt

Qu'effeuilla le vent de l'aurore,

L'amour est un dernier parfum,

Qu'en mourant elle exhale encore!