Le pastour

J. Cartan

Dans la forêt féerique à la sournoise source

J'ai vu boire un pastour en ses deux mains en coupe;

Entre ses doigts mal joints l'eau coulait sur la mousse

Comme la clarté filtre aux calices qu'on coupe.

Il a coupé des fleurs aux rives de la source

Et jouant un air triste et lent qui s'énamoure

Aux trous des musicaux roseaux aux notes douces

Il a pleuré d'amour pour sa douce pastoure.

Et je me suis perdu dans la forêt lointaine

A t'écouter chanter cet air mélodieux,

Pauvre pastour pleurant au bord de la fontaine

Où les nymphes du soir viennent mirer leurs yeux.