Rêverie
J. Cras
Le soir tombe... Le vent
Qui berce les feuilles tremblantes
Déroule sur mon front brûlant
Des étoffes rafraîchissantes.
L'air est rempli d'une douceur
Si suave que l'on devine,
Comme une présence divine,
L'apparition d'une sœur.
Légère comme un pas de femme
Qui se pose sur le gazon,
L'ombre descend sur l'horizon:
On dirait l'approche d'une âme...
C'est l'heure enjôleuse où l'on sent
Couler le temps comme une eau pure:
[C'est l'heure où notre esprite s'azure,
Tant notre cœur est innocent.]
[Tout devient vague et s'imprécise...
Et le saphir sombre du ciel,
Plein d'étoiles, nous angélise
Comme un amour spirituel.]