Accablé de silence et d'ombre
J. de la Presle
Accablé de silence et d'ombres, où rien ne passe,
Marchant dans les sentiers obscurcis par le soir,
Parmi la nuit qui vous entoure et qui vous glace,
Seul, s'en aller le cœur vide de tout espoir.
Sentir au fond de l'âme un besoin de tendresse
Comprendre avec des pleurs qui vous fond bien souffrir
Que l'amitié n'est rien et que l'amour vous blesse,
Vivre parce qu'on est trop faible pour mourir.
Et soudain frémissant de douleur et de fièvre,
Tendre une bouche avide aux baisers d'autrefois,
Et n'avoir pour baiser que le vent sur la lèvre,
Pour paroles d'amour que le soupir des bois.
Ô, vent du Nord, hurleur funèbre qui m'apporte
Les frissons de la nuit sous les brumes du ciel;
Vous, soirs d'automne, soirs pour les voluptés mortes
N'aurez-vous pas pitié d'un supplice éternel?