J’ai parfois dans le cœur un désir insensé

J. de la Presle

J'ai parfois dans le cœur un désir insensé

De courir dans la nuit profonde, hors d'haleine

Lorsque le vent du nord hurleur triste et glacé,

Tord et tourmente au loin les arbres de la plaine.

Et, je m'arrêterai à l'endroit où l'étang

Vient mourir sur la rive en roulant son eau blême,

A l'endroit où les soirs orageux, on entend

Les roseaux entonner leur chant, toujours le même.

Ce chant n'est qu'un soupir, une plainte sans fin,

Des roseaux fatigués par l'ouragan sauvage.

Et moi, j'écouterai ce pénible refrain,

Je resterai longtemps debout sur le rivage.

Et l'onde qui sanglote et les joncs murmurants

Et le vent palpitant comme une aile blessée,

Tous ces bruits de tempête aux accents déchirants,

Trouveraient un écho dans ma sombre pensée.