Lentus in umbra

J. Huré

Aux soupirs des eaux

Au chant des oiseau

Ma tristesse est morte.

La mer a dans son encensoir

Mis des parfums tels ceux qu'apporte

Le vent du soir!

Le flot en silence

Danse et se balance

Sur le sable clair.

Le vent du large sur la lame

Comme mon âme

Résonne et fait chanter la mer.

Dormez, beau vaisseau,

La vague vous berce

Et fusant faisceau

Des bulles de phosphore alentournent et gercent

La coque fatigué après les durs assauts.

Au clair de la lune

Dans l'ombre des arbres

Le rire des faunes

Fait peur a chacune

Et gèle les marbres.

Combien sont-ils les cœurs encore épris de tes miracles,

Astre des nuits! vieil ornement des tabernacles

Et des cénacles!

Moi lassé des rondeaux

Couché sur le dos

Dans l'herbe et les fleurs

Un rythme assagi

Dans mon cœur vagit

Ton secret malheur,

Virgile, ô fardeau

Tegmine fagi.